La nécessaire introspection
Il me semble que ces transformations qui nous mettent radicalement face à nos erreurs sont humainement souhaitables. Nous confrontant à une remise en cause de ce que nous avons toujours cru vrai et légitime à défendre, et souvent à rejeter chez ceux qui ne le comprenaient pas, elles nous plongent dans le doute jusqu’à la confusion. Par là même, elles font basculer notre monde, nous obligeant à un rééquilibrage qui adviendra nécessairement (Piaget, Auteur cognition incarnée). Mais aussi, elles nous font découvrir l’humilité d’être faillible. De la honte de s’être si profondément trompé émerge le doute d’en savoir plus que les autres, et le doute que notre monde, notre « cadre de référence », soit plus valable que celui de ceux que nous ne comprenons pas par leurs comportements. Nous découvrons qu’alors même que nous étions persuadés de savoir, et de savoir mieux que les autres, il est possible que tout change, et il possible de passer d’un monde de certitude à un autre. Ainsi, et si il existait autant de vérités et de comportement justes associés que de mondes vécus ? Elles nous relient à l’acceptation intime et non jugeante des différences. Tout en même temps que nous avons appris les normes et règles communes pour pouvoir vivre ensemble, faciliter la cohésion, nous apprenons l’acceptation intimes des différences. Elles sont, selon moi; le passage de l’ignorance caractérisée par le sentiment d’en savoir plus que les autres, à une certaine forme de sagesse qui ne peut que s’acquérir par l’expérience et la douleur vécue, qui nous aide à nous guider personnellement parmi les autres, dans des choix singuliers, et dans une acceptation plus grande de l’altérité heureusement irréductible qui nous fait vivants.
Line vers pourquoi s'accompagner soi-même ou retour